Des écarts importants de rendements et de coûts

Le développement de la production d’agrocarburants a du sens au Brésil, contrairement à l’Europe et aux Etats-Unis.

La fabrication d’éthanol à base de canne à sucre est en effet déjà économiquement rentable sans subvention : son prix de revient se situe entre 0,20 et 0,25 euro le litre. Alors que le  prix de revient de l’essence est de 0,32 le litre quand le baril de brut est à 60 dollars. De plus, cette éthanol fournit huit fois plus d’énergie qu’il n’en requiert pour être produit. Son utilisation entraîne donc une réduction d’environ 80 % des émissions de CO². Le développement de sa production est envisageable sur l’immense territoire brésilien sans pour autant sacrifier la forêt amazonienne. Bien que la faiblesse de l’Etat brésilien ne permettre pas vraiment de garantir qu’un tel développement serait effectivement maîtrisé sur le plan environnemental et social.

En revanche, les agrocarburants restent assez chers en Europe et aux Etats Unis : entre 0,35 et 0,50 le litre pour l’éthanol à base de maïs et de 0,40 à 0,65 pour celui fabriqué à partir de céréales en Europe. Ils nécessitent donc des subventions publiques tant que le pétrole ne dépasse pas nettement les 70 dollars le baril.

Surtout, les rendements sont mauvais :

un hectare de canne à sucre fournit 6 000 litres d’éthanol,

mais un hectare de betterave à sucre n’en fournit que 5 000.

Quant au maïs, la matière première privilégiée aux Etats-Unis pour la production d’éthanol, et au blé, utilisé en Europe, c’est bien pire encore :

un hectare de maïs n’est capable de donner que 3 000 litres et

un hectare de blé 2 500 litres.

Et les rendements sont plus faibles encore pour les agrodiesel :

un hectare de palmiers fournit 4 500 litres d’huile,

mais un hectare de colza n’en produit qu’un peu plus de 1 000 et

un hectare de tournesol un peu moins.

Pour produire 10 % de leur consommation en 2020, les USA devraient mobiliser 43 % de leur surface agricole et l’Europe 38 %, selon l’AIE, alors que les terres en jachère ne représentent que 7 % de la surface de l’Union.

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