La Hausse probable des cours des céréales

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Les agrocarburants ne représentent encore que 2 % de la consommation mondiale, mais la concurrence vis-à-vis des usages alimentaires suffit déjà à pousser les prix alimentaires vers les sommets. De telles hausses, si elles étaient progressives et maîtrisées, n’auraient pas cependant d’effets négatifs : elles peuvent en effet contribuer à éliminer les subventions en direction des agriculteurs des pays riches via la politique agricole commune européenne ou le Farm bill américain. Et les problèmes politiques liés à ces subventions au niveau de l’Organisation mondiales du Commerce (OMC). Elles peuvent aussi bénéficier aux pays du Sud, qui n’ont cessé de voir les prix agricoles chuter depuis le milieu des années 70 : l’indice des prix agricoles mondiaux, qui se situait à 155 en 1977, était tombé à 94 en 2002. Et les « termes de l’échange », comme disent les spécialistes, c’est à dire l’évolution comparée des prix agricoles et des prix des produits manufacturés exportés par les pays développés, se sont dégradés encore plus : le pouvoir d’achat dégagé par les produits agricoles des pays en développement a été divisé par trois en trente ans. Cette chute a beaucoup contribué à enfoncer de nombreux pays du Sud, notamment sur le plan de leur dette extérieure. Le développement des agrocarburants devraient inverser ce mouvement. C’est l’argument qu’oppose Lula, le président brésilien, à Fidel Castro, dont il en partage pas les critiques. Il espère bien au contraire que le « pétrole vert » deviendra un des principaux moteurs de l’économie brésilienne. Il a d’ailleurs signé en mars dernier un accord avec George Bush à ce sujet, dans le but de développer un véritable marché mondial de l’éthanol, notamment sur le plan des normes techniques. 

En attendant, « la compétition pour les céréales entre les 800 millions d’automobilistes qui veulent maintenir leur mobilité les 2 milliards d’humains les plus pauvres qui cherchent simplement à survivre est en train d’atteindre un point critique. La hausse des prix alimentaires pourrait conduire à des émeutes urbaines de la faim dans de nombreux pays à bas revenus comme l’Indonésie, l’Egypte, l’Algérie, le Nigeria ou le Mexique », prévient Lester Brown.

Principale force de rappel, si les prix agricoles continuaient d’exploser et que ceux du pétrole se maintenaient, la rentabilité du secteur des agrocarburants, forte actuellement, en prendrait aussi un coup. Et la bulle spéculative qui s’est formée pourrait bien se dégonfler rapidement, investisseurs comme pouvoirs publics réajustant leurs ambitions à la baisse. Le rapport de septembre 2007 de l’Organisation pour la Coopération et le Développement Economiques (OCDE) estime que « la transformation des terres pour la production d’énergie à partir de la biomasse poussera les prix alimentaires vers le haut ». Progression globale de 20% à 50% des cours dans la prochaine décennie. De tels effets sont déjà sensibles au Mexique où les cours du maïs – base de l’alimentation traditionnelle mexicaine – flambe depuis un an. A Haïti, le cours des céréales flambent tellement qu’une partie de la population est contrainte à manger des gâteaux d’argiles.

Image de prévisualisation YouTube C’est en créole, désolé mais les images parlent d’elles même…

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