• Accueil
  • > IV) La filière bioéthanol française

Archive de la catégorie ‘IV) La filière bioéthanol française’

La production française est déjà une réalité

Jeudi 31 janvier 2008
  • Une filière déjà ancrée… 

Durant la campagne 2005/2006, la France a produit 7,6 millions d’hectolitres (soit 605 000 tonnes) d’alcool éthylique d’origine agricole (céréales et blé). La production d’éthanol a représenté 22% de ce total soit 1.72 millions d’hectolitres. Le reste de la production d’alcool éthylique alimente divers débouchés tels que l’industrie pharmaceutique, le secteur des cosmétiques, l’alimentaire ‘alcools de bouche). L’éthanol  est produit par une vingtaine de sites industriels : 

  • 10 sucreries distilleries ; 

  • 3 distilleries produisant de l’éthanol à partir de céréales ; 

  • 1 distillerie produisant de l’éthanol d’origine vinique. 

Toutes ces unités ont bénéficié d’agréments fiscaux permettant de saturer leur capacité de production et de répondre dès 2004 à la demande en bioéthanol pour un usage carburant.

numriser00071.jpg

  • Qui connaît un fort développement pour répondre aux nouveaux objectifs 

En réponse à l’attribution d’agréments dans le cadre du deuxième appel d’offre lancé par l’Etat en novembre 2005, plusieurs groupes agro-industriels coopératifs ou privés ont décidé d’investir plus d’un milliard d’euro dans la construction de 6 unités industrielles de production de bioéthanol. Ces projets ont été confortés par l’attribution d’agréments complémentaires lors du troisième appel d’offres.

Ces nouvelles unités qui représenteront à un terme une capacité de production totale de 1.2 millions de tonnes en sont aujourd’hui à divers stades d’avancement : 

  • L’usine d’Origny est entrée en production fin 2006 ; 

  • celles de Lacq, Lillebonne et Bazancourt sont en cours de construction et vont démarrer courant 2007 ; 

  • les unités de Pont-sur-Seine et Beinheim sont planifiées pour 2008/2009.

Ces outils bénéficient en outre des technologies les plus récentes en termes d’efficacité énergétique et de rendement de transformation, permettant d’améliorer sensiblement les atouts environnementaux de la production française de bioéthanol (bilan énergétique et émissions de gaz à effet de serre). 

La construction de ces unités de production de grande capacité confère à la filière la capacité à répondre à la fois aux objectifs nationaux d’incorporation de bioéthanol dans l’essence et au développement de l’E85 mais également d’être en mesure d’approvisionner d’autres pays de l’UE.

Le potentiel agricole français

Jeudi 31 janvier 2008

L’augmentation programmée de la production française de bioéthanol à partir de céréales et de betteraves est compatible tant avec les surfaces agricoles disponibles qu’avec l’approvisionnement prioritaire du débouché alimentaire. 

  • La France dispose de surfaces agricoles largement suffisantes 

Afin de répondre à la nécessité d’incorporer 5.75% d’éthanol dans l’essence en 2008, 280 000  ha de céréales et 55 000 ha de betteraves au maximum seront nécessaires. Cela représente moins de 3% des surfaces céréalières et environ 15% des surfaces betteravières actuelles, ces calculs étant effectués selon une hypothèse de rendements constants. 

Or, depuis plusieurs décennies, les rendements sont en hausse régulière, ce qui permet d’augmenter la production à surface cultivée égale.

La réforme de la Politique Agricole Commune a introduit l’obligation de gel des terres en 1992. Ces jachères (environ 1.5 millions d’ha en France en 2005) déjà en partie dédiées à des cultures à vocation énergétique. 

Les négociations multilatérales en cours au sein de l’OMC pourraient aboutir à la nécessité pour l’UE de réduire les exportations. Chaque année, la France exporte environ 20% de production de blé tendre en dehors de l’UE. La demande intérieure annuelle en blé tendre à des fins de production d’éthanol à horizon 2010 représentera moins de 40% des quantités annuellement exportées en dehors de l’Union. 

Comme indiqué précédemment, la réforme de l’Organisation Commune de Marché Sucre va de surcroît entraîner une baisse significative des surfaces cultivées en betteraves à l’échelles européenne. 

Le potentiel agricole français en termes de surfaces agricoles permet amplement de répondre à la demande accrues de cultures énergétiques et ce, sans mettre en péril l’approvisionnement alimentaire, qui demeure la fonction première de l’agriculture.  numriser0008.jpg

  • Le développement du bioéthanol ne concurrence pas la production à vocation alimentaire 

Il n’existe pas de conflit entre la production de cultures à usage alimentaire et celles destinées à développer le bioéthanol à l’échelle européenne. 

Concernant les céréales, le débouché éthanol reste minoritaire en France ( 2  à 3  millions de tonnes à compter de 2010) face aux plus de 63 millions de tonnes de céréales produites annuellement destinées à la meunerie, l’exportation, l’alimentation du bétail, l’amidonnerie… 

La betterave à sucre à usage alimentaire est cultivée sous quota. Les quotas de production doivent réglementairement être atteints avant mise en œuvre de toute production à vocation non- alimentaire (production hors quota). 

Il n’y a donc aucune concurrence entre l’alimentaire et le non alimentaire sur cette culture.